Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et LilouSoleil.
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Pour le samedi 6 Mars, le thème est « Métiers qui ont aujourd'hui disparu, ou quasiment disparu... »
Les participations sont sur le blog de LilouSoleil :
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Bon Courage à Lilou pour ses ennuis Internet, j'espère que ça va aller mieux...
Je précise aussi qu'avec Christophe, nous avons de gros soucis de réseau et hier la box ne marchait plus pendant des heures. Du coup, impossible de souhaiter les vœux d'anniversaire à une Amie très chère qui se reconnaîtra, désolée, grr... Mais, j'ai réussi ensuite, youpi !
Je publie et je passe chez vous comme je peux. Le réseau coupe brutalement et quand ça le fait, ça peut durer des heures, du coup, stand by... Je pense à vous mais la technique a ses caprices...
Allez, je crois au fait de pouvoir publier mes articles pour ce samedi...
Le thème proposé m'a donné envie d'évoquer, à travers la Vendeuse de Violettes de Georges Louis Picard (1857-1943), les marchandes de fleurs qui évoluaient autrefois dans les rues des grandes villes et des villes de taille moyenne. On les rencontrait aussi dans des lieux plus petits et sur les routes de France mais la majorité d'entre elles arpentait inlassablement les pavés des villes où se pressait une clientèle ambivalente.
Elles sont nombreuses à avoir été aimées par les peintres, à leur avoir inspiré des tableaux et à nous offrir, au sein des musées, les expressions de leurs jolis visages. Elles sont séduisantes mais leur beauté ne doit pas nous faire oublier la rudesse de ce que fut leur vie. Petites marchandes qui attendaient à proximité des grands magasins, quel que soit le temps, âmes de la rue qui regardaient évoluer dames et demoiselles de bonne condition, rêvant de mieux dans le sillage d'un parfum... Loin de moi l'idée de plomber l'ambiance à travers ce billet mais elles furent nombreuses à être maltraitées, malmenées, violées, mises enceintes et atrocement rejetées comme en témoignent les romans d'Émile Zola entre autres...
Certaines eurent davantage de chance, rencontrant un homme aimant, sincère et devenant à leur tour des dames évoluant dans les luxueuses allées des grands magasins. D'autres réussirent à s'en sortir par leurs propres moyens et à se hisser, tellement vaillantes, au-dessus de leur condition.
Chaque fois que je regarde ces tableaux, je pense aux êtres de chair qui palpitent derrière les images et dont les expressions nous disent la complexité de l'existence humaine.
Contemplons-les, ravissantes, laissons-nous charmer par les couleurs chatoyantes de leurs petits bouquets mais n'oublions pas leurs infortunes, leurs combats, l'épuisant quotidien qui fut le lot de nombre d'entre elles...
Concernant les violettes, je vous invite à lire, si vous le souhaitez, l'article que j'avais écrit au sujet de leur histoire et de leur fragrance il y a plusieurs années. Le tableau de Georges Louis Picard m'avait déjà beaucoup plu à l'époque.
http://maplumefeedansparis.eklablog.com/un-delicieux-parfum-de-violette-a82147738
-Georges-Louis Picard, naquit dans les Vosges, dans une célèbre famille de créateurs de broderies. Il fit ses études à Paris, au Lycée Charlemagne puis à l'École des Beaux-Arts, à partir de 1877, dans l'atelier du maître Jean-Léon Gérôme.
-Son talent fut apprécié par ses pairs, ce qui lui permit de travailler à la réalisation de magnifiques Panoramas mais aussi à des fresques destinées à agrémenter des bâtiments prestigieux comme le Salon de l'Europe au Casino de Monte-Carlo, l'Hôtel de Ville de Paris (Galerie Lobau), le Petit-Palais à Paris, la Salle des Fêtes de la Maison Commune du 15ème arrondissement de Paris (avec un plafond sur le thème de l'Aurore), l'Opéra de Lille, l'Ambassade de France à Vienne...
-Grand ami de René Lalique (1860-1945), il fut l'un de nos plus grands décorateurs et un illustrateur émérite, créant de remarquables dessins pour des œuvres comme les Contes de Charles Perrault, les Écrits Fantastiques de Charles Nodier (1780-1844), les Lettres de mon Moulin d'Alphonse Daudet (1840-1897).
-Membre de la Commission Administrative des Beaux-Arts, il réalisa plusieurs commandes d'État et fut plébiscité lors de l'Exposition Universelle de 1889. Il travailla également à l'ornementation d'un nombre conséquent d'hôtels particuliers...
-Il conçut des dioramas (scènes historiques, architecturales, naturalistes, géologiques, animalières... reconstituées avec un effet de volume), hélas disparus, qui représentaient, sous différents aspects, le Château de Versailles et la Place de la Concorde.
-Il fut Officier de la Légion d’Honneur mais étant d'origine juive, il fut expulsé de sa maison d'Obernai, lors de l’invasion de l’Alsace en 1940. Il connut la déportation avec d'autres familles, se retrouva à l'Hôtel Regina pendant un temps et s'éteignit, épuisé, le 25 janvier 1943, suite à un arrêt cardiaque.
Sa Vendeuse de Violettes nous regarde avec beaucoup de douceur et d'intensité... Jolie jeune fille à la peau de nacre enfiévrée, blancheur fragile et ardente qui vient en contraste et en résonance avec la chaude rousseur de la chevelure sensuelle...
Emanation ambivalente d'un Printemps...
Flore des rues...
Souhaitons que la saison nouvelle nous apporte du bonheur en bouquet !
Vous savez que je fais comme je peux avec le réseau, la box, les travaux...
Gros bisous, chers Aminautes ! Amicales pensées...