Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.
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Pour les 7 et 14 novembre, le thème choisi par Fardoise et Lilou est « Les Oiseaux Migrateurs ». Les participations sont sur le blog de LilouSoleil... Merci à Fardoise et à Lilou 😻
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J'ai choisi une œuvre qui nous offre à contempler des oies curieuses, venant « admirer » la toile de l'artiste. Dans cette saynète pleine de charme, les oies sont perçues comme les visiteuses d'un musée en plein air.
Eugène Cartier (1861-1943) naquit en Arles et une grande partie de sa biographie demeure, pour le moment, inconnue. On sait qu'amoureux de la Nature, il peignit de nombreuses scènes bucoliques et champêtres... Des vaches, des oies, des villages provençaux, des ruines romaines, des vestiges de châteaux, des bastides, des mas, la cueillette des olives en sa région natale, les bords de rivières de son enfance, les bords de Méditerranée aussi... Les sujets qu'il traita furent très éclectiques : paysages, portraits, vases de fleurs, personnages saisis dans leurs activités quotidiennes comme des jeunes filles brodant...
Les oies du tableau, mues par une irrépressible curiosité, sont pleines de truculence. Elles évoquent à leur manière un célèbre épisode de l'histoire antique : celui des Oies du Capitole.
En l'an 390 avant J.C, Rome fut mise en échec par les Gaulois, emmenés par le valeureux chef de guerre Brennus. Les fastes de Rome avaient perdu leur éclat, la plupart des soldats avaient déposé les armes mais dans la citadelle du Capitole demeuraient des guerriers romains bien décidés à se défendre encore.
Une nuit, les Romains épuisés ayant fini par s'endormir, les Gaulois menèrent une incursion vers ce dernier bastion que comportait la Ville Éternelle. Ils crurent avoir l'avantage mais c'était sans compter sur l'intervention d'un troupeau d'oies sacrées vivant sur place, dans le temple de la déesse Junon, suzeraine des dieux de l'Olympe.
Les oies qui ressentirent la présence des Gaulois se mirent à crier si fort et à tant battre des ailes que les Romains se réveillèrent. Le combat fut terrible et le Capitole, cette nuit-là, fut épargné...
D'après l'historien Tite-Live (né entre l'an 64 et l'an 59 av. J.-C. et mort en l'an 17 après J.-C.), auteur de L'Histoire Romaine, œuvre monumentale et remarquablement documentée :
« Au début de la république romaine, profitant d’une nuit assez claire, et se faisant précéder d’un éclaireur, les Gaulois s’avancèrent [sur un passage escarpé menant au Capitole], en lui tendant leurs armes dans les endroits difficiles ; et s’appuyant, se soulevant, se tirant l’un l’autre, suivant que les lieux l’exigeaient, ils parvinrent jusqu’au sommet. Ils gardaient un si profond silence, qu’ils trompèrent non seulement les sentinelles, mais même les chiens, animal qu’éveille le moindre bruit nocturne. Mais ils ne purent échapper aux oies sacrées de Junon, que, malgré la plus cruelle disette, on avait épargnées ; ce qui sauva Rome.
Car, éveillé par leurs cris et par le battement de leurs ailes, Marcus Manlius, qui trois ans auparavant avait été consul, et qui s’était fort distingué dans la guerre, s’arme aussitôt, et s’élance en appelant aux armes ses compagnons : et, tandis qu’ils s’empressent au hasard, lui, du choc de son bouclier, renverse un Gaulois qui déjà était parvenu tout en haut. La chute de celui-ci entraîne ceux qui le suivaient de plus près ; et pendant que les autres, troublés, et jetant leurs armes, se cramponnent avec les mains aux rochers contre lesquels ils s’appuient, Manlius les égorge. Bientôt, les Romains réunis accablent l’ennemi de traits et de pierres qui écrasent et précipitent jusqu’en bas le détachement tout entier. »
Les oies cendrées, migratrices, sont fort agiles en plein vol. On ne peut qu'imaginer les suivre dans l'air, loin des contrariétés ambiantes... Sur terre, on peut partager leur irrépressible curiosité en différentes domaines et s'amuser à imaginer le peintre observant son œuvre observée...
Quand j'étais petite, j'aimais beaucoup l'oeuvre intitulée « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède », récit fantasmagorique de Selma Lagerlöf (1858-1940), femme de lettres suédoise qui fut, en 1909, la première femme à recevoir le prix Nobel de Littérature et qui adorait deux oies cendrées, nommées Akka et Yksi.
Le héros, Nils Holgersson, partage l'existence d'un groupe d'oies cendrées guidées par Akka, une femelle « sage ». Ses aventures ont fait vibrer des générations de lecteurs...
Envolons-nous... et prenons bien soin de nous tous et de ceux que nous aimons. Je pense bien à vous !