Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.
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Voici le thème proposé pour le samedi 7 mars et pour le samedi 14 mars par Fardoise : « Les Tempêtes »...
J'ai choisi cette œuvre imprégnée d'une force créatrice inouïe. Une œuvre qui nous offre à contempler une impressionnante émulsion de matière.
L'orage, puissance titanesque, déferle sur un paysage qui se dévoile à travers une touche floconneuse, la touche fétiche utilisée par l'artiste, Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), pour montrer le mouvement, la voracité des nuages et la rage du coup de vent...
Les nuages avancent comme des créatures chimériques, des entités surgies des abysses du ciel et sous leur redoutable masse, on aperçoit une charrette bloquée dans un sol détrempé. L'artiste décrit un moment de lutte entre des humains et la Nature qui verse sur eux son énergie sauvage. Juchées sur la charrette, une jeune fille et sa maman sont spectatrices de la fureur des éléments tandis que le père, arc-bouté comme il le peut, tente de faire repartir l'équipage.
La charrette, symbole de l'avancée des actions humaines, est livrée à la colère du vent, à la houle des nuages qui semble emporter un troupeau de moutons effrayés.
Le bœuf qui tire la charrette émet un cri que l'on arrive à percevoir à travers l'image. Il est face aux colères célestes et pendant ce temps, les moutons composent une marée de formes emmêlées, saisies dans une coulée de lumière.
La composition pyramidale du tableau, savamment orchestrée entre jaillissements de matière et ruissellements d'ombre et de lumière est plus que remarquable. Fragonard décrit, de manière épique, le combat des humains, des animaux, de la charrette et de l'orage.
La touche de Jean-Honoré Fragonard (1732–1806) a toujours été marquée par un sens aigu et viscéral du mouvement. L'artiste aimait montrer la vigueur des choses. Son œuvre est caractérisée par une grande élégance et une enivrante puissance d’expression.
Né à Grasse, Fragonard a surtout vécu à Paris où il a étudié dans l'atelier du maître François Boucher (1703-1770). La qualité de ses toiles lui a attiré de beaux succès au Salon et une renommée des plus ferventes dans les milieux des grands collectionneurs.
L’art de Fragonard est imprégné de sensibilité et d'une immense sensualité. Il a représenté une myriade de scènes intimistes, de scènes amoureuses, de scènes bucoliques, de paysages et illustré nombre d'œuvres littéraires. L'artiste est allé bien au-delà des codes narratifs en vigueur à son époque, il a laissé son imagination s'exprimer et s'est lancé dans des expérimentations audacieuses au niveau de la composition. Il n'était pas attiré par ce qu'on appelle « la facture léchée », il aimait faire palpiter la matière, lui donner un côté laineux, grumeleux, floconneux, la délayer à partir de taches de peinture épaisses et ensuite affiner l'ensemble en faisant croître la sensation de mouvement...
J'aime énormément L'Orage que j'ai très souvent admiré en me rendant au Louvre...
Prenez bien soin de vous chers Aminautes, je souffle vers vous, à travers les giboulées, de gros bisous d'amitié !