Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Pour la communauté Le Tableau du Samedi gérée par Lady Marianne, voici ma participation du samedi 5 octobre, sur le thème « Promenades d'Automne », d'après un choix d'Amande Douce ou sur un thème libre.
Je suis fascinée par les personnages vus de dos ou presque de dos... Une aura de mystère les accompagne. La jeune femme du tableau d'Henri Fantin-Latour semble se diriger vers un ailleurs chimérique, enivrée par les couleurs de pierres précieuses qui se déploient devant elle. Elle-même, avec sa robe rouge rubis participe à l'enivrante beauté du paysage. Elle incarne la force et la mélancolie de l'Automne, la sensualité des matières. En pleine luxuriance, elle est d'une très jolie simplicité...
Elle évolue dans une palette d'une richesse envoûtante, ouvrant les voies secrètes de la forêt en automne.
Ce tableau est d'autant plus attirant qu'il évoque une partie méconnue de l'oeuvre d'Henri Fantin-Latour. Le peintre fut en effet connu comme portraitiste (il peignit des personnages célèbres comme Édouard Manet, en 1867) et pour ses natures mortes, ses compositions florales, ses bouquets saisonniers de grande qualité. Or, il réalisa d'autres tableaux, très imaginatifs, qu'il qualifia lui-même de « Songes »... Des peintures des plus intéressantes et hélas -quasiment- ignorées du grand public.
Henri Fantin-Latour fut un original. Son chemin artistique fut singulier. Il peignit en pleine vogue Impressionniste mais sans donner à ses œuvres une influence issue de l'Impressionnisme. Il fréquenta les Impressionnistes, admira leur style et leur manière mais préféra garder son indépendance, choisissant de développer son propre intimisme. Il aima les fleurs jusqu'à la passion et peignit des centaines de natures mortes absolument superbes qui connurent un grand succès en France et surtout en Angleterre. Les grands musées britanniques conservent nombre de ses tableaux, tissés de couleurs vives.
Ce peintre élégant et sensible venu de Grenoble à Paris était fasciné par les grands maîtres (Titien, Véronèse, Van Dyck, Watteau...) dont il étudiait les œuvres au Louvre. Il disait voir des visages dans les fleurs et penser aux personnes qu'il aimait quand il peignait des fleurs. Ainsi, il leur dédiait secrètement telle ou telle vision fleurie.
L'Automne appartient à une autre veine que celle des fleurs. La veine des Songes et des envolées poétiques qui se fondent dans des mondes brumeux. Des réalisations teintées de Symbolisme et voulant rendre hommage au Préraphaélisme et au Sfumato de Léonard de Vinci, ce modelé vaporeux qui sublime les paysages. Henri Fantin-Latour mit en scène des Allégories des Saisons, des Nymphes, la Déesse de la Nuit... avec une force d'imagination particulièrement remarquable !
Pour « célébrer » à ce tableau qui me plaît énormément, j'ai cherché des couleurs d'automne, ardentes, dans mon petit univers...
Je vous les offre avec des pensées d'Amitié !
Gros bisous dans les saveurs d'Octobre...