Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Les amateurs de féerie et d'art victorien apprécient cette artiste franco-britannique dont l'inspiration se situa à la croisée de plusieurs influences comme le Préraphaélisme, le Romantisme, le Symbolisme... et qui excella dans l'art de peindre de charmants visages.
Son oeuvre la plus célèbre possède un titre d'une longueur originale et très poétique :
« Take the Fair Face of Woman, and Gently Suspending, With Butterflies, Flowers, and Jewels Attending, Thus Your Fairy is Made of Most Beautiful Things. »
On le traduit ainsi: « Prenez le Beau ( Juste) visage de la femme, et ornez le agréablement, avec des papillons, des fleurs, et des bijoux, ainsi vous obtenez votre fée, faite avec les plus belles choses. »
Take the Fair Face of Woman... Prenez le Beau ( Juste) visage de la femme , et ornez le agréablement, avec des papillons, des fleurs, et des bijoux, ainsi vous obtenez votre fée, faite avec les plus belles choses.
La fée est ici une femme enfant, élégante et précieuse, qui incarne la grâce et la beauté et le regard du spectateur est happé par la fine lumière d'or qui émane d'elle.
Les petits détails sont magnifiques...
Sophie Gengembre Anderson naquit à Paris en 1823 et fit ses classes artistiques dans plusieurs ateliers de la capitale. Elle se forma, vers 1843, auprès du portraitiste Charles Auguste de Steuben (1788-1856) mais elle expérimenta la plus grande partie de son talent de manière autodidacte.
Au moment de la Révolution de 1848, elle s'éloigna de la France et partit à la découverte des États-Unis où elle rencontra le peintre Walter Anderson qui devint son époux.
Le couple s'installa à Londres aux alentours de 1863 et Sophie Gengembre Anderson qui connut le succès, vit ses oeuvres exposées dans des lieux renommés comme la Société des Artistes Britanniques ou la Royal Academy.
Elle peignit essentiellement des jeunes femmes et des fillettes, mises en scène dans des mondes bucoliques, des paysages champêtres et des oiseaux car à son époque, une femme n'avait pas la possibilité de peindre autre chose...
Ses oeuvres sont une ode à la beauté, dans sa fraîcheur et sa simplicité, et sa toile la plus connue est la Fée que j'évoquais au début de ce billet. Un personnage magique qui entre en résonance avec les considérations esthétiques de l'ère victorienne : retrouver un sens du merveilleux et l'exprimer, haut et fort, dans un monde obnubilé par l'Industrie, un monde où se développaient les villes tentaculaires et les prémices de la pollution urbaine.
En vous souhaitant une myriade de belles choses et en soufflant vers vous des mots secrets de fées... je m'éclipse et vous envoie de...
Gros bisous, chers Aminautes!