Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Été... se poser, faire en douceur le bilan des mois écoulés. Songer au rythme des saisons qui vont et viennent dans l'atmosphère.
Se rappeler des poèmes qu'on aime comme Les Saisons de Théodore de Banville (1823-1891).
Surnommé par ses amis « le poète du bonheur », Théodore de Banville excella dans l'art d'explorer les ressources profondément variées de la poésie française.
Éclectique dans l'âme, il écrivit une partition Romantique et Parnassienne, brodée de fièvre Symboliste et nous convie à un voyage en mots que j'ai pris grand plaisir à illustrer avec les oeuvres de l'illustratrice russe © Nadia (Nadezsha) Strelkina.
Transformant les horizons
Où les nuages s’amassent,
D’un pas léger les Saisons
Passent.
L’Hiver frileux et subtil,
Parmi son pâle cortège,
Est blanc comme un lys, quand il
Neige.
Le Printemps, dans les palais
Sous ses fleurs cache les marbres,
Et pose des nids dans les
Arbres.
Sous les grands cieux triomphants,
L’Été, plein d’apothéoses,
Dore les fronts des enfants
Roses;
Et le rouge Automne, cher
Au vendangeur, nous enseigne
Par son raisin dont la chair
Saigne.
Écrit le mardi 3 août 1886, pour le recueil Dans la fournaise.
Et un petit supplément...
Théodore de Banville, L'Été
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.
Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d’apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.
Ensuite vient...
Je trouve que ces fines et luxuriantes illustrations forment un ensemble délicieux avec les mots de Théodore de Banville...
Poète, dramaturge, chroniqueur et critique littéraire, passionné d'Esthétisme, orfèvre et sculpteur de vers, Théodore de Banville nourrit une amitié profonde avec Théophile Gautier (1811-1872), Charles Baudelaire (1821-1867) et Victor Hugo (1802-1885).
L'une de ses créations les plus célèbres, la revue collective « Le Parnasse Contemporain » fut une révélation pour Arthur Rimbaud (1854-1891).
Tout jeune poète, Arthur Rimbaud envoya ses poèmes à Théodore de Banville qui l'encouragea à persévérer dans l'écriture et l'invita à habiter chez lui mais quelques temps plus tard, les relations se « compliquèrent » entre les deux hommes. Leurs visions artistiques entrèrent en « différence ».
Outre le Parnasse Contemporain et ses nombreux recueils de poésie, Théodore publia un Petit Traité de Poésie Française, en 1872, et un roman intitulé Marcelle Rabe. Il fut aussi l'éditeur, avec Charles Asselineau (1820-1874), de la Troisième édition des Fleurs du Mal de Baudelaire.
Recueils de Poésie aux noms évocateurs :
Améthystes, Dans la Fournaise, Le Sang de la Coupe, Les Cariatides, Les Exilés, Les Princesses, Odelettes, Odes Funambulesques, Rimes Dorées, Rondels, Sonnailles et Clochettes, Trente-Six Ballades Joyeuses...
Théodore de Banville appartient à mon groupe de poètes préférés avec Baudelaire, Théophile Gautier, Éluard, Saint-John Perse, Aragon, Albert Samain, Anna de Noailles, Aimé Césaire...
Merci de vos visites pleines d'amitié, je vous souhaite une jolie fin de semaine, gros bisous...