Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Souffle doré qui nous étreint, c'est une rencontre avec le ciel et la musique des insectes dans le vent, dans le temps fauve des moissons. Les champs se livrent, l'aurore danse à pas légers sur l'horizon. Le crépuscule, son amant, viendra semer l'encre de nuit, l'encre des rêves mais en attendant, les fleurs rayonnent en touches de sang vif. Coquelicots, pavots sensuels, bleuets subtils... Elles font éclore un feu d'inspiration sous leurs calices gorgés de lumière solaire...
Le temps s'écoule en cycles rayonnants et la Nature inspire les artistes, au creux des champs. Promenade esthétique dans l'atmosphère d'août...
« Les Coquelicots », l'une des toiles les plus célèbres de Monet fut présentée au public, en 1874, lors de la première exposition Impressionniste dans les anciens ateliers du photographe Nadar (1820-1910). Il s'agit d'une oeuvre emblématique des années 1871-1878, années d'épanouissement sur un plan artistique et personnel pendant lesquelles Monet s'installe à Argenteuil.
L'art de la peinture en plein air passionne l'artiste qui explore des paysages imprégnés de lumière et dilue, à la manière d'un alchimiste, les contours de ses sujets. Dans ce contexte, « Les Coquelicots » est perçu comme une sorte d'hymne à la beauté de la nature.
Acquise par le marchand d'art Paul-Durand Ruel (1831-1922), la toile célèbre, sur un mode vibratoire, intensément proche de l'abstraction, le charme d'une promenade par une belle journée d'été. Les coquelicots rayonnent dans un fondu rouge soyeux comme les notes d'une partition picturale particulièrement rythmée.
On aperçoit, sous un ciel bleu clair où glissent des nuages blancs, au premier plan, une jeune femme à l'ombrelle et son enfant qui sont sans doute Camille, la femme de l'artiste, et leur fils Jean.
A l'arrière-plan, à la lisière d'un bois composé de grands arbres sombres et à proximité d'une petite maison claire, évolue une autre mère à l'enfant, sorte d'effet miroir poétique du « couple » initial et une façon élégante et judicieuse de structurer l'oeuvre en utilisant une puissante ligne oblique.
Les Coquelicots ont l'art et la manière de nous transposer dans un ailleurs à la fois réel et onirique... De même qu'une série de personnages qui évoluent dans le monde des champs. Un monde complexe, ambivalent, subtil où l'on travaille dur, très dur. On y souffre, on y rêve, on y flâne, on s'y rencontre amoureusement... Un monde d'or, de sève et de sang...
Avec Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) et William Holman Hunt (1827-1910), John Everett Millais fonda le Préraphaélisme, mouvement destiné à lutter contre le poids des conventions, la morale esthétique, le dogmatisme et la mièvrerie sentimentale qui caractérisait pour eux la peinture britannique de leur temps.
Le Préraphaélisme a existé à travers différents groupes et groupuscules désireux de lutter contre de lourdes règles artistiques édictées à la période de la Renaissance. La figure humaine, recomposée à de nombreux égards, apparaît saisie dans une forme fine de pensées et d'émotions.
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Le monde des champs est comme un océan à explorer, un territoire fascinant de blondeur qui vibre sous le ciel. Les blés se donnent au regard avant de tomber sous les instruments des moissonneurs et les personnages mis en scène nous invitent à cheminer dans nos champs intérieurs...
Victor Hugo (1802-1885), Aux champs
Je me penche attendri sur les bois et les eaux,
Rêveur, grand-père aussi des fleurs et des oiseaux ;
J'ai la pitié sacrée et profonde des choses ;
J'empêche les enfants de maltraiter les roses ;
Je dis : N'effarez point la plante et l'animal ;
Riez sans faire peur, jouez sans faire mal.
Jeanne et Georges, fronts purs, prunelles éblouies,
Rayonnent au milieu des fleurs épanouies ;
J'erre, sans le troubler, dans tout ce paradis ;
Je les entends chanter, je songe, et je me dis
Qu'ils sont inattentifs, dans leurs charmants tapages,
Au bruit sombre que font en se tournant les pages
Du mystérieux livre où le sort est écrit,
Et qu'ils sont loin du prêtre et près de Jésus-Christ.
Johan Christian Dahl (1788-1857), peintre romantique norvégien, paysagiste accompli, Girl in a field.
Ce peintre naturaliste, spécialiste de peinture animalière et fasciné par le thème de la ruralité évolua dans la filiation de l'école de Barbizon, mouvement esthétique et spirituel fondé sur la redécouverte et la passion du paysage. Barbizon, petit village situé en lisière de la forêt de Fontainebleau, où s'établit une colonie de peintres paysagistes entre les années 1825 et 1870...
Julien Dupré peignit les champs avec une grâce très personnelle, les champs comme des océans de labeur imprégnés d'une atmosphère quasi sacrée et il rendit hommage aux oeuvres de maîtres comme Jules Breton (1827-1906) et Jean-François Millet (1814-1875).
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« L'épi, sous les rayons incandescents roussi,
Froissant l'épi voisin, craque, et la moisson mûre,
Ne pouvant pas chanter sa gaîté, la murmure,
Et ravive, adoucit et renfle tour à tour
Son bruit que la cigale imite tout le jour,
Surtout à l'heure ardente où l'ombre bleue est tiède,
Où la mouche revient au dormeur qu'elle obsède,
Où le silence enfin plane avec le sommeil
Dans un vent doux et lourd tout chargé de soleil.
Un jour les blés criants tombent sous les faucilles :
Les cigales encore font éclater leurs trilles,
Et leurs cris déchirants répètent un adieu
A la chaleur du ciel étincelant et bleu...
Les faucheurs ennuyés maudissent ces pleureuses.
Et plus tard, quand les champs sont livrés aux glaneuses
Et quand sur l'aire on voit, du soleil dans les crins,
Les chevaux piétiner l'épi gonflé de grains,
La cigale confie, avant que de se taire,
Blé vivant, sa semence immortelle à la terre. »
Jean Aicard (1848-1921), L'âme du blé, extrait du recueil « Les Poèmes de Provence », 1874.
http://www.sheridinardistudio.com/
Outre le blé, il y a d'autres belles récoltes, comme celle de la lavande... Avec un clin d'oeil plein de douceur à mon amie Laure et à nos délicieux échanges sur les champs de lavande et pas seulement... Merci pour tout...
http://laurefeerie.canalblog.com/
Clin d'oeil aussi et pensées tendres pour mon amie Linda, j'ai ton petit sachet de lavande avec moi, merci beaucoup...
http://ekla-de-nature.eklablog.com/
© Sheri Dinardi, Hope and Liberty... Si je laisse certains titres en anglais, c'est parce que j'aime beaucoup leurs sonorités dans la langue de Shakespeare. C'est quelque chose de musical qui ne s'explique pas, une inclination personnelle...
Cet artiste américain, spécialisé dans la peinture et l'illustration, est diplômé d'un lieu prestigieux, le « Columbus College of Art and Design » de Columbus dans l'Ohio. Professeur d'art à l'Université de Cincinnati, il est influencé, depuis de nombreuses années, par le travail des Impressionnistes sur la lumière.
Voilà pour cette promenade artistique dans les champs... Nous sommes écrasés de chaleur, chers aminautes, alors bon courage à nous tous... Entre 37 et 39 degrés attendus ce week-end dans mon département et une pollution optimale ! On doit de nouveau faire avec... Prenez bien soin de vous, ce n'est pas du tout évident alors bon courage et merci pour vos gentilles pensées. Gros bisous !