Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Paris ombré de gris ou Paris qui s'émaille de couleurs pimpantes entre deux giboulées, Paris qui s'offre tel un florilège d'aquarelles, à redécouvrir au gré des pavés mouillés avant de se réfugier près d'une tasse de thé fumant. Le pouvoir artistique de la pluie n'est plus à démontrer alors ouvrons nos parapluies... d'imagination ! La pluie tisse des perles chatoyantes dans le paysage. Au Printemps, elle nourrit les jeunes feuilles et nettoie l'atmosphère. En Automne, elle brode des pensées tantôt rêveuses, tantôt tristes mais toujours poétiques...
Charme de l'instant...
Ce peintre de la Belle Époque aimait croquer les jolies passantes sur le vif. Amoureux de Paris, il représentait les rues animées de la capitale, les monuments célèbres et les promeneurs dans leurs beaux habits.
« Au moment où j’écris, la pluie tombe; les tuiles sonnent; mille petites rigoles bavardent; l’air est lavé et comme filtré; les nuées ressemblent à des haillons magnifiques. Il faut apprendre à saisir ces beautés-là. »
Alain, Propos, L’art d’être heureux, 8 septembre 1910
Frederick Childe Hassam (1859-1935), Pluie sur les Champs-Élysées, 1889. Berry-Hill Galleries, New York
Frederick Childe Hassam, peintre impressionniste américain, était membre de la confrérie des Ten American Painters, une association de dix peintres américains du XIXe siècle qui démissionnèrent de la Société des Artistes de leur temps afin de protester contre le mercantilisme de l'art. Ils se détachèrent aussi de l'Académie Nationale d'Esthétique sous l'impulsion de peintres comme Mary Cassatt, de James Whistler, de Thomas Eakins et de Winslow Homer.
Le groupe des Dix était constitué de : Frederick Childe Hassam, Julian Alden Weir, John Henry Twachtman, Robert Reid, Willard Metcalf, Frank Weston Benson, Edmund Charles Tarbell, Thomas Wilmer Dewing, Joseph DeCamp et Edward Simmons.
Avant ou avec la pluie vient souvent la bourrasque, ce coup de vent sauvage qui balaie le paysage et tourmente les jupons des jolies passantes.
Ce peintre péruvien, grand voyageur, fut le fondateur de l'École Nationale des Beaux-Arts de Lima. De formation classique et académique, il s'orienta vers l'Impressionnisme qu'il s'employa à faire connaître dans son pays.
Ce peintre italien, qualifié de réaliste, nous a laissé des œuvres pleines de sensibilité, de force et de truculence. Il aimait peindre les jolies jeunes femmes mais aussi les ouvrières et les ouvriers, le monde de la rue, les échoppes des quartiers populaires et des scènes de mascarade. Ses personnages affichent pour la plupart un généreux sourire !
Peindre la pluie c'est aussi maîtriser magnifiquement l'art des reflets, approfondir la réalité à travers de multiples jeux de scintillements.
Des ronds de pluie d'une beauté inouïe... Leur pouvoir de séduction s'offre dans leur évanescence. Gustave Caillebotte, maître du cadrage quasiment photographique et avec une sensibilité que l'on retrouve dans les estampes japonaises dont il était un grand admirateur, nous livre un point de vue audacieux sur la rivière Yerres et ses berges familières (je vous ai parlé de Yerres, sur Ma Plume Fée dans Paris...). Une subtile impression de profondeur naît du jeu qui s'élabore entre les diagonales et les horizontales, rehaussées de matière scintillante et fine.
La pluie met également en valeur de jolies silhouettes et le parapluie devient un accessoire en vogue, choisi tout autant pour son utilité que pour son côté chic et romantique.
La femme au parapluie de Louis Anquetin (1861-1932), un tableau qui me plaît beaucoup. J'adore son cadrage et les couleurs précieuses...
Peintre, dessinateur, aquarelliste et ami de nombreux artistes parmi lesquels Monet, Van Gogh, Toulouse-Lautrec ou encore Émile Bernard, Louis Anquetin était un artiste impressionniste qui s'est orienté vers le Divisionnisme et a fini par mettre au point le Cloisonnisme.
Composé d'aplats de couleurs cernés par un trait plus foncé, le Cloisonnisme a des inspirations multiples. Il s'est nourri des estampes japonaises de Van Gogh, de la technique du vitrail, de l'imagerie d'Épinal et de certaines influences associées aux arts primitifs. Les artistes de l'École de Pont-Aven l'ont diffusé, dans les dernières années du XIXe siècle. Il se rapproche aussi de certaines techniques de Bande Dessinée et du dessin animé.
Sur Ma Plume Fée dans Paris, dans l'article intitulé Paris sous l'orage, j'ai relaté une partie de l'histoire du parapluie. Le thème m'intéressant beaucoup, j'ai prévu de compléter cet article dans quelques temps...
La pluie compose sa propre partition de lumière et les formes, les couleurs, les matières fusionnent avec délices dans le creuset qu'elle nourrit.
Ce photographe russe, alchimiste des éléments, nous offre des œuvres que certains qualifient presque de toiles impressionnistes. Amoureux de la pluie, de ses atmosphères, des formes qui se diluent à la surface de l'air, il nous invite à considérer l'espace urbain autrement...
Territoire de flânerie poétique, sylve de conte à fleur de réalité...
La pluie nous invite à rêver, à regarder ce qui nous entoure avec une sensibilité différente. Elle règne sur un temps à part, tissé de petites choses brillantes, éphémères, graciles. Elle attise aussi la passion, la folie créatrice, le désir...
Il pleut, il pleut... les fenêtres crépitent alors je vais plonger dans mes songeries, amoureuses et autres :) en vous souhaitant un très agréable week-end, bien à l'abri des tempêtes et des gros coups de vent. Gros bisous, bien affectueusement!