Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Ravissante et mutine, elle incarne l'été, petit bout de femme parmi les fleurs... Le tableau est signé Franz Dvorak (1862-1927).
Enfant de la lumière et âme du peintre qui quitta ce monde peu de temps après avoir "immortalisé" son visage plein de charme.
Célèbre à son époque, cet artiste d'origine hongroise est, de nos jours, davantage connu aux États-Unis et dans le monde anglo-saxon.
Il étudia à l'Académie des Beaux-Arts de Prague et à Vienne avec les maîtres Carl Wurzinger et Christian Griepenkerl, spécialistes de la peinture d'histoire. En 1883, il poursuivit son apprentissage à l'Académie des Beaux-Arts de Munich et se fit connaître en exposant des portraits et des scènes de genre dans des galeries de Berlin et de Vienne.
En 1888, il découvrit la France avec Alfons Mucha avant de se rendre en Italie où il rencontra de riches amateurs d'art américains.
Ils l'invitèrent à accomplir une tournée artistique à travers les États-Unis et, en pleine vogue de l'Art Nouveau, passant par Philadelphie, New York, Chicago, Détroit... il peignit des portraits qui furent très appréciés des collectionneurs.
Il retrouva sa chère Prague en 1905 et il y ouvrit un atelier dans lequel il vécut jusqu'à sa mort.
Nous disposons de peu de renseignements biographiques le concernant mais nous savons qu'il fréquenta des milieux dits « ésotériques », des fraternités où l'art se nourrissait d'une forme de spiritualité panthéiste. Il y forgea un art très personnel et intensément poétique à travers lequel la réalité devint indissociable de mondes imaginaires.
Atmosphère envoûtante d'une forêt de bouleaux où l'on aperçoit une belle jeune femme. Le bouleau est l'arbre chamanique par excellence. Arbre mère dans les pays d'Europe du Nord, gardien des anciennes croyances et protecteur de la féminité. Arbre pilier du monde qui se tient sous l'étoile polaire et guide les initiés vers des mondes peuplés de créatures magiques. A ce propos, vous remarquerez les runes inscrites sur l'écorce.
Sa sève est un merveilleux dépuratif et un revitalisant de premier ordre.
On taille dans son bois des figurines de fécondité, des bâtons de sorcières, des poupées miniatures, des sifflets, des cannes et toutes sortes d'objets... Sa pelure est utilisée, à l'instar des pelures de pomme et de poire, de manière divinatoire. Il s'agit d'en poser un petit morceau à la surface d'un baquet d'eau et de regarder la forme qu'elle prend. On souffle dessus et elle est censée désigner l'initiale de l'homme ou de la femme aimé(e)...
Ses héroïnes se lovent souvent parmi les fleurs comme c'est le cas dans l'Art Nouveau mais sa « manière » ne s'inspire d'aucune autre et ses oeuvres se parent d'une énergie mystérieuse et mystique...
... sans pour autant négliger les images de son temps.
Au-delà du j'aime/je n'aime pas qui hérisse le poil de l'historienne de l'art que je suis... (nous fonctionnons certes par affinités mais on ne peut caractériser des oeuvres ainsi, c'est bien trop réducteur...) Franz Dvorak est sans conteste un artiste à redécouvrir !
En vous souhaitant bon courage pour supporter la chaleur... et de belles journées d'été, je vous fais de gros bisous, merci de vos petits mots qui m'accompagnent avec bonheur !