Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...
Messagères des émotions du ciel et de la mer, les dames en bleu sont des muses intemporelles, un peu sirènes et un peu fées, qui se parent de mystère au creux de la réalité. Laissons-les happer nos regards et nous aimanter, entre rêverie et passion, vers les infinies nuances qu'elles revêtent.
Émanation des forces célestes, la couleur bleue est associée au domaine spirituel et considérée comme une énergie sacrée qui « pulse dans l'air, dans l'eau, dans le cristal et le diamant ». De nombreux mythes fondateurs s'organisent autour d'un personnage à la peau bleue ou qui se pare d'un vêtement bleu et depuis des temps très anciens, les amulettes et les objets de couleur bleue sont réputés agir contre les maléfices et les puissances malveillantes.
Le bleu est qualifié de couleur froide et perçu comme l'opposé et le complémentaire du rouge mais au Moyen-âge, le bleu était considéré en Europe comme une couleur chaude, parfois même comme la plus chaude de toutes les couleurs.
La Vierge Marie porte un manteau bleu ou se couvre d'un voile bleu qui évoque la protection céleste et le pouvoir de l'Église. Objet de vénération au Moyen-âge, le bleu marial était obtenu grâce au lapis-lazuli, pigment rare et somptueux qui coûtait plus cher encore que l'or. Marie portait aussi une robe rouge, couleur du sang versé et de la Passion du Christ. Émanation des forces vitales et couleur profondément érotique dans une optique « profane », le rouge est la couleur séductrice par excellence mais revenons au bleu, propos de ce billet et à celles qui l'arborent, au fil des époques.
Couleur des enchanteresses, le bleu nous enveloppe de son aura de mystère.
Tout au long de sa vie, celui qui fut l'un des plus importants peintres préraphaélites et néoclassiques de sa génération aima peindre la femme et plus précisément la femme enchanteresse, sorcière et séductrice.
Il explora avec brio la palette des possibilités offertes par la couleur bleue.
« Le bleu est la plus profonde des couleurs : le regard s’y enfonce sans rencontrer d’obstacle et s’y perd à l’infini, comme devant une perpétuelle dérobade de la couleur. Le bleu est la plus immatérielle des couleurs : la nature ne le présente généralement que fait de transparence, c’est-à-dire de vide accumulé, vide de l’air, vide de l’eau, vide du cristal ou du diamant…
Appliquée à un objet, la couleur bleue allège les formes, les ouvre, les défait. Une surface passée au bleu n’est plus une surface, un mur bleu cesse d’être un mur. Les mouvements et les sons, comme les formes, disparaissent dans le bleu, s’y noient, s’y évanouissent comme un oiseau dans le ciel. Immatériel en lui-même, le bleu dématérialise tout ce qui se prend en lui. Il est chemin de l’infini, où le réel se transforme en imaginaire. N’est-il pas la couleur de l’oiseau du bonheur, l’oiseau bleu, inaccessible et pourtant si proche ?…
Domaine, ou plutôt climat de l’irréalité – ou de la surréalité – immobile, le bleu résout en lui-même les contradictions, les alternances – telle celle du jour et de la nuit – qui rythment la vie humaine… »
Extrait du Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, 1969.
Parmi les fleurs de ce jardin, le bleu s'illumine de multiples nuances alors butinons ce bleu de Printemps et si vous avez apprécié ces dames de saphir et d'azur, vous en trouverez d'autres dans mon prochain billet...
Portez-vous bien, je vous fais de gros bisous...