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La chimère écarlate

La chimère écarlate

Littérature, histoire de l'art, inspiration qui file au vent, photographie, poésie de l'instant...

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814
Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

Pour les 6 et 13 juin 2020, le thème proposé par Fardoise est « Nos petits compagnons ». Qu'ils soient Chiens, Chats ou NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie).

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

Bien joli thème...

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

J'ai choisi ce tableau, à la touche élégante, imprégné de simplicité et de douceur, qui est l'un de mes préférés en Histoire de l'Art.

 

L'auteur, Sir Henry Raeburn (1756-1823), portraitiste émérite, a développé un talent très personnel, un mélange subtil de Réalisme et de Romantisme à travers lequel les émotions des personnages se dévoilent, entre lumière et ombre.

 

Un jeune garçon et un lapin, le « couple » est si charmant... J'évoquerai la symbolique du lapin après avoir publié la biographie que j'ai écrite au sujet d'Henry Raeburn.

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

Dès l'adolescence, Henry Raeburn apprit différentes formes d'art ce qui lui permit de cultiver un grand sens du détail.

Ayant perdu son père, ouvrier manufacturier quand il était enfant, il grandit « sous la tutelle de son frère aîné » et devint apprenti, à l'âge de quinze ans, chez l'orfèvre James Gilliland. Il créa, avec adresse, des ornements de joaillerie ce qui lui permit de rencontrer le graveur Alexander Deuchar qui lui enseigna les techniques du dessin.

Armé de ses connaissances, il créa des portraits miniatures, dessins qu'il inséra dans de fines montures et qui connurent un joli succès. Il poursuivit sur sa lancée et il apprit, en autodidacte, l'art de la peinture à l'huile. Son travail fut soutenu par James Gilliland qui lui fit rencontrer l'assistant du portraitiste le plus important d'Édimbourg, Allan Ramsay. Il put alors progresser, d'une très belle manière, à travers cet art qu'il affectionnait.

Vers 1785, il fut sollicité pour réaliser le portrait d'une jeune Lady. Ils s'éprirent l'un de l'autre, se marièrent et Henry bénéficia des moyens financiers conséquents de son épouse qui lui permirent de voyager, notamment en Italie, et de se consacrer à son art à sa convenance.

Il rencontra quelques temps plus tard à Londres le maître du portrait Joshua Reynolds (1723-1792), cofondateur et premier président de la Royal Academy qui lui apporta son soutien. Sa célébrité ne cessa de croître et en 1812, il fut élu président de la Société des Artistes d'Édimbourg. Il fut anobli en 1822 par le roi George IV (1762-1830) et nommé portraitiste officiel de la monarchie en Écosse.

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

Le Lapin, charmant petit familier est très important dans le folklore. Je dirais même incontournable...

Rusé, avisé, gourmand, maître des connaissances cachées et des comptines d'enfance, il est le familier de ceux qui pratiquent les Arts Anciens: Astrologie, Divination, Sorcellerie, Alchimie, Médecine magique...

Il accompagne « l'enfance » comme dans Alice au pays des merveilles où c'est lui qui fait entrer Alice en terre de fantasmagorie.

Lapin ou lièvre, il est celui qui s'aventure dans l'herbe tendre et va cueillir les plantes celtiques de longue vie: l'armoise de pleine lune qui favorise les visions secrètes, l'achillée matricielle qui nettoie et nourrit le sang, l'alchémille des elfes, le trèfle étoilé, la camomille au coeur de miel, la pimprenelle et la menthe aquatiques, la sauge des sortilèges, le serpolet, le lycopode, la verveine, le mouron d'eau, le romarin...

Au moment de l'équinoxe de Printemps, il est Osterhase, le messager des forces nouvelles, est le compagnon d'Ostara, la déesse germanique de la saison nouvelle et de son équivalent anglo-saxon: la délicate Eostre. D'après les légendes du cycle de Pâques, il veille sur les oeufs de la lune prêts à éclore ou pond lui-même les oeufs rouges, gorgés du sang de la vie.

Il ranime les forces d'Eos aux doigts de rose, suzeraine de l'aube et depuis des temps très anciens, il est représenté, fécond et protecteur, sur une profusion de stèles, de statues, de plaques de cheminée et de moules à pâtisserie...

Il est celui qui chasse les derniers fléaux de l'hiver, "ouvre les chemins" et attise le pouvoir mystérieux de la terre.

Dans la tradition de Pâques, les enfants lui préparent un nid douillet, tapissé d'herbes et de fleurs, dans un lieu dont l'emplacement est gardé secret. Amant et guerrier lunaire, il y dépose des oeufs incandescents après avoir affronté, près des vieux cercles de pierre, un coq cuirassé d'or.

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

Symbole Universel, il apporte la chance, insuffle la créativité, stimule la clairvoyance...

Chez les Aztèques, appelé Tochtli, il représentait le huitième jour du calendrier et apparaissait comme le signe de la lune et du bonheur.

Dans la Chine ancienne, maître des remèdes alchimiques, il prononçait des incantations de guérison en écrasant des branches de cannelle dans un mortier sacré.

Dans les mondes amérindiens, en Asie, pour les Egyptiens, les Celtes, les Saxons, les Hottentots... il était l'incarnation du pouvoir magique, fécond, régénérateur de la lune printanière. Il est également honoré dans l'Islam.

L'église chrétienne tissa une symbolique négative autour de lui, l'accusant de concurrencer le Christ qui revient à la vie, l'assimilant au Diable, le considérant comme un emblème de luxure, un vecteur de maladies et le vouant aux gémonies... mais en tant qu'esprit de la reverdie, il avait plus d'un tour dans son sac et continua d'être célébré par les "gens du pagus".

On le trouve là où pousse la verveine (ferfaen en vieille langue celte, trombhad en gaélique), herbe d'amour qui régénère le sang, la peau, apaise les migraines et décongestionne les foies épuisés.

En magie druidique, sous l'obédience du lapin ou du lièvre, on utilise la verveine (herbe de l'enchanteur, herbe du chef, herbe sacrée...) pour encourager la circulation de l'awen, force de l'inspiration, apaiser les conflits et repousser les peurs qui empêchent d'avancer. On boit du thé de verveine mêlé d'armoise et d'achillée pour stimuler la sensibilité prophétique. On balaye les espaces sacrés avec des tiges et des feuilles de verveine...

Le petit gourmand stimule donc à son tour notre gourmandise de bonnes choses et représente les forces de la magie guérisseuse !

©A Photo Scottish SCPA

©A Photo Scottish SCPA

Sous son obédience, je vous souhaite de belles journées de juin et je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette photo que j'ai trouvée sur Pinterest. Le lapin est un lapin géant originaire des Flandres nommé Atlas. Il adore d'après sa maîtresse qui vit en Écosse, être porté dans les bras et aussi, être promené en poussette !

Des pensées affectueuses pour vous et de l'Inspiration, sans modération...heart

Le Tableau du Samedi : Sir Henry Raeburn, Garçon au Lapin, 1814

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Shana 23/06/2020 19:00

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.

Shana 23/06/2020 19:00

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.

Féelaure 15/06/2020 20:48

Coucou Cendrine,
J'aime aussi beaucoup ce tableau rempli de tendresse et le garçon a un visage tellement doux. Quand j'étais enfant, j'avais ramené à la maison un lapin d'une foire où nous étions allés avec mon frère...on l'a gardé un moment à l'intérieur de la maison, et mes parents ont craqué et m'ont offert un chat (c'est ce que je voulais au départ) je ne sais plus ce qu'est devenu ensuite le lapin. Merci pour ce merveilleux billet Atlas est impressionnant !!! et j'adore ton gif final trop mimi
J'imagine les bonnes odeurs qui doivent embaumer votre maison ;) Douce soirée à tous les deux et très belle journée demain

Béa kimcat 14/06/2020 14:59

Superbe tableau également.
J'ai eu un lapinou blanc pendant presque 10 ans...
Bizzz

colettedc 14/06/2020 02:44

Bonjour Cendrine,
Il est superbe, ce tableau !!!
Tableau qui me rappelle de si bons souvenirs de mon enfance ! J'ouvrais le porte et assise sur un petit banc, ils vemaient sur mes genoux (un à la fois, bien entendu) ils étaient si gros ! Que du bonheur ! Quelle belle présentation encore cette fois !
Bon et beau dimanche tout entier,
Gros bisous♥

colettedc 14/06/2020 02:46

... ils venaient ... bien entendu ...

Golondrina63Auv 13/06/2020 20:16

Magnifique tableau
Comme beaucoup j'ai eu des lapins mais pas dans un clapier , mon père avait une immense grange et il allaient et venaient à leur guise
Sous sa suveillance il allait prendre l'air , et curieusement très peu se sont échappés ,
Par contre, nous avions aussi des poules et un chien
Le tableau que tu as chosi est si beau , emprunt de douceur
J'aime beaucoup
Bonne soirée
Bises

Amande 13/06/2020 19:25

Très joli tableau, plein de douceur.

jill bill 13/06/2020 18:55

Moi enfant mon papa avait clapier et poulailler et comme je n'avais ni chien ni chat, je fus très amie avec les lapins, que je refusais de manger ,-) Adulte j'ai eu quelque temps un petit élevage mais comme à un moment donné il faut les sacrifier... stop !! Merci à toi, bises

fardoise 13/06/2020 09:33

Un beau choix, à la fois pour ce portrait très subtil de cet enfant rêveur et son lapin. Merci aussi pour toutes ces infos sur le lapin et sa symbolique. J'ai appris plein de choses. Bon samedi